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Review : Jeff Buckley by Slow Pilot

Acte I :

J'ai 18 ou 19 ans et comme souvent je traîne à la FNAC de Mulhouse, pour feuilleter des bouquins ou écouter des CD, et revenir chez moi avec de nouveaux trésors. Je suis en pleine construction de mes propres goûts musicaux, entre ce qu'écoutaient mes parents à la maison, ce qui est "à la mode" et ce que je découvre par mes potes (c'est aussi la mode des CD gravés, que je consomme beaucoup grâce à mes potes Vincent et Nicolas - qui se sont fait de bons petits revenus !). Je vois en écoute le CD "Grace" de Jeff Buckley, son nom me dit vaguement quelque chose. Je lance l'écoute et je découvre Mojo Pin. Je suis tout de suite happée par l'atmosphère de cette chanson. Mais souvent on peut aimer une chanson sans que la suivante ne soit aussi bonne. J'enchaîne sur Grace, je suis choquée... par la mélodie, la voix, ce qu'il fait avec cette voix : cette chanson est tout simplement épique. Dingue comme on peut ressentir de telles émotions avec un casque sur les oreilles et le monde qui déambule à côté sans s'en rendre compte. J'achète le CD et j'ai le bonheur de découvrir chez moi que tout le CD est absolument parfait. Je sais dès le départ que Jeff Buckley est décédé et je prends donc cet unique CD comme un magnifique cadeau. Je vais l'écouter des milliers de fois, et à ce jour c'est toujours mon CD préféré, je ressens toujours les mêmes frissons en l'écoutant.

Acte II : 

Je suis en stage en Angleterre l'été 1999 et je déambule chez un disquaire. Stupéfaction : je tombe sur "Sketches for My Sweetheart the Drunk", son album posthume (dont je n'avais aucunement connaissance), c'est comme s'il était revenu d'entre les morts ! Quel plaisir de retrouver Jeff, quand bien même on ne fait qu'esquisser le potentiel de cet album qui n'aura pu être finalisé. L'impression d'un immense gâchis mais d'un dernier cadeau à la fois.

Acte III : 

Je tombe sur un événement qui s'appelle "The Songs of Jeff Buckley par Slow Pilot" à la Cigale. Je ne connais pas ce groupe, je ne sais pas ce qu'il vaut, mais je prends 2 places. Evidemment, je sais que je ne saurai jamais ce qu'aurait été un concert de Jeff Buckley, et ce n'est pas ce que je recherche, ce n'est pas de la nostalgie, mais je me dis que j'aime tellement cet album que ça pourrait être intéressant de me retrouver en communion avec d'autres fans. Bon, si ça se trouve, ce sera peut-être une communion du seum si jamais c'est mauvais.

8 septembre 2026. La Cigale est en configuration assise, sans fosse. C'est intimiste mais on repassera pour la communion (personnellement je ne me sens pas de chanter avec des gens assis à côté de moi). Il n'y a pas de 1e partie, on débute directement par Dream Brother, et là, grosse claque : le chanteur chante exactement comme Jeff Buckley sur le CD. Ca me donnera des frissons sur toutes les chansons calmes, où l'on n'entend que lui. Je trouve que c'est moins le cas sur les chansons rock, où ni le groupe ni l'ingé son ne me semblent à la hauteur, mais c'est déjà tellement inattendu que je savoure. Grosse prouesse vocale de Pieter Peirsman, avec en plus des archives diffusées entre les morceaux. Je n'ai pas encore eu l'occasion de voir le documentaire "It's never over", ça m'en donne d'autant plus envie. Cerise sur le gâteau, je suis accompagnée d'une amie qui ne connaît qu'Hallelujah, et qui se prend une énorme claque aussi, je suis ravie de lui faire connaître l'album tant aimé !

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